Une journaliste kurde au lycée pendant la semaine de la presse

26/03/2025 13:34

 

Pendant la Semaine de la Presse et des Médias à l'École en mars 2025, nous avons reçu au lycée la journaliste kurde irakienne Niyaz Abdulla, réfugiée en France, lauréate du Prix international de la liberté de la presse en 2022. 

Cette rencontre est l'aboutissement d'un parcours d'éducation aux médias dédié à la liberté de la presse, mené en EMC avec M. Gatumel, professeur de SES, et Mme Boutrois, professeure documentaliste ; elle s'inscrit dans le contexte de l'opération « Renvoyé spécial », proposée par la Maison des journalistes (Paris) et le CLEMI (Centre pour l'éducation aux médias et à l'information – Ministère de l'Education Nationale). Grâce à ce dispositif, les journalistes exilés vont à la rencontre de jeunes lycéens partout en France pour parler de leur expérience et les sensibiliser à la cause de la liberté de la presse et de la défense des démocraties.

Mardi 25 mars 2025, Niyaz Abdulla a présenté son parcours de journaliste depuis vingt ans, d'abord au Kurdistan irakien, puis en France où elle continue de se mobiliser pour les droits humains. Pendant une heure et trente minutes, les élèves de 2nde 8 l'ont écoutée et ont pu lui poser des questions, la traduction étant assurée par une élève arabophone. Voici quelques-unes de leurs questions :

Pourquoi êtes-vous venue en France ?

Il était devenu difficile et dangereux pour moi de rester en Irak ; on menaçait de me mettre en prison ; un message circulait sur les réseaux sociaux promettant de me couper la langue et de la donner à manger à mes proches.

Êtes-vous déjà retournée en Irak ?

Non, parce que les risques pour ma vie étaient trop importants. Ma famille souffre de cette situation. J'essaie de leur venir en aide mais c'est compliqué.

Quelles sont les causes de votre exil ?

On me reproche d'avoir trop parlé sur certaines personnes, certains sujets, en dénonçant la corruption et les atteintes aux droits humains, surtout les violences faites aux femmes. Six de mes amis ont été capturés, certains ont été tués, notamment par des drones turcs, pour les mêmes raisons. Des politiciens cherchent à se venger des journalistes qui s'expriment librement et ils n'ont pas hésité à créer des prisons pour y enfermer les journalistes.

Continuez-vous à subir des pressions de la part du régime irakien alors que vous êtes réfugiée en France ?

Oui, on me demande d'arrêter de parler de ce qui se passe en Irak. Il faut savoir qu'en Irak, tout est censuré. Par exemple, je viens d'alerter les médias et la société française sur la condition des femmes et des enfants en Irak, en dénonçant en novembre 2024 un projet de loi, désormais votée, que je qualifie de pédophile, car elle permet aux Irakiens de se marier avec des petites filles dès l'âge de 9 ans. Vous pouvez voir une vidéo diffusée par France Info sur ce sujet. L'Irak devient  le pire pays au monde pour les droits des femmes et des enfants.

Voir aussi l'article de Charente Libre

 
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